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On en parle… « Kintsugi, l’art de la résilience » sur Europe 1

Kintsugi, l'art de la résilience, Céline Santini, Editions First

Juste avant l’interview de Céline Santini avec Isabelle Quenin pour La vie devant soi, pour présenter le livre « Kintsugi, l’art de la résilience », le site Europe 1.fr a chroniqué le livre. et l’a sélectionné dans son top 5 des lectures de l’été.

Voici l’article et l’émission dans leur intégralité :


Entretien sur Europe 1

Mai 2018 : Céline Santini était invitée aux côtés de Walter Benjamin dans l’émission « La vie devant soi » d’Europe 1 pour parler de résilience.

(cliquez ici ou sur la photo pour accéder au podcast)
Céline Santini parle de résilience sur Europe 1


« Kintsugi, l’art de la résilience » : ce que nous avons pensé du livre de Céline Santini


Petite vidéo de présentation du livre « Kintsugi, l’art de la résilience » sur Europe 1


Le kintsugi est l’art de réparer les blessures tout en apprenant à les apprécier@ Matt Reinbold / Creative Commons / Europe 1

De la chute jusqu’à la célébration de l’objet réparé, Céline Santini propose une méthode tout en douceur pour apprendre à surmonter les blessures et aimer ses défauts.

Les philosophies japonaises semblent avoir le vent en poupe. Après le régime d’Okinawa pour vivre vieux et en bonne santé, l’art de trouver sa raison de se lever le matin (« l’ikigai », pour en savoir plus, c’est par ici), voici maintenant le « kintsugi ». Cet art (de « kin » qui signifie l’or et « tsugi », les jointures) est pratiqué au Japon depuis le 15ème siècle. Il consiste à réparer les objets brisés avec une laque (issue du laquier) recouverte de poudre d’or pour que les cicatrices restent apparentes. Une philosophie de l’acceptation de l’imperfection qui incite à aborder les échecs, blessures et autres maux de la vie d’une nouvelle manière, comme le détaille Céline Santini dans son ouvrage Kintsugi, l’art de la résilience (First, 12,95 euros).

« La voie du kintsugi peut être vue comme une forme d’art-thérapie, vous invitant à transcender vos épreuves et à transformer votre propre plomb en or », professe l’auteure en guise d’introduction. Un processus qui peut être long, car il requiert de nombreuses étapes et demande beaucoup de patience. Le livre est donc divisé en six chapitres chacun consacré à l’une des étapes clé de cette méthode de réparation : « brisez », « assemblez », « patientez », « réparez », « révélez » et enfin « sublimez ». Tout y est détaillé et émaillé de nombreux exemples pour que, vous aussi, vous parveniez à panser vos blessures et à en faire une force.

Ce que l’on trouve dans ce livre :

De la réparation d’un bol… à celle de votre intériorité. La méthode adoptée est plutôt singulière. L’ouvrage est effectivement consacré à l’art du kintsugi, c’est-à-dire à la réparation d’un objet selon une technique ancestrale. De prime abord, cela a tout l’air d’être un manuel de bricolage.

Mais dans ce livre, il s’agit d’apprendre à réparer son être sensible plutôt qu’un objet matériel. Car pour chaque étape technique du kintsugi, Céline Santini développe un précepte à appliquer dans sa vie intérieure ou même quotidienne. Et l’analogie fonctionne, même lorsque le lien entre la technique et son application en termes de bien-être n’est pas évidente.

Kintsugi, l’art de la résilience est donc bien un livre qui aide, en s’appuyant sur une méthode manuelle, à se sentir mieux dans sa vie en apprenant à apprécier ses imperfections et à panser ses blessures avec sérénité.


Acceptez avec fierté l’imperfection. L’objet est encore plus beau et plus précieux une fois cassé et réparé ! CÉLINE SANTINI

Un art décrit étape par étape. Chaque partie est divisée en chapitres qui commencent par l’une des règles du kintsugi, comme « Observez et assemblez le ‘puzzle’ [des morceaux de l’objet] pour préparer la réparation ». Celle-ci est ensuite déclinée en un principe symbolique pour être appliqué à la réparation de l’intériorité.

Par exemple, l’une des étapes consiste à préparer la réparation de l’objet brisé. La règle veut que l’on prépare ses instruments et que l’on nettoie les différentes parties à assembler pour réparer l’objet. Appliquée à la vie courante, cette règle appelle à prendre le temps de faire les choses à son rythme plutôt que de foncer tête baissée.

Lors de cette étape, l’art du kintsugi incite à profiter du moment présent, à ralentir. Ce précepte fait également appel à la pleine conscience, une méthode de méditation particulièrement en vogue. Le chapitre se poursuit par un encadré thématique et se conclut par un exercice pratique, signalé par la phrase rituelle : « Commencez ici et maintenant ! »

Ce que nous avons aimé :

De la théorie à la pratique. Grâce à des instructions claires et un langage assez incitatif (« Qu’est-ce qui résonne en vous, vous appelle ? Suivez votre élan ! »), la mise en pratique des conseils théoriques développés dans la première partie du chapitre paraît accessible.

Par exemple, dans le chapitre « Associez » sur l’ouverture d’esprit et la curiosité de l’autre, l’auteure donne des pistes telles que : « Allez dans un restaurant que vous ne connaissez pas pour essayer une cuisine qui ne vous attire pas », « Lisez un livre qui ne vous tente pas » ou encore « Écoutez un style de musique que vous n’appréciez a priori pas ». Si l’on est prêt à tenter la démarche, ces exercices paraissent réalisables.

Une ouverture sur le monde. Les encadrés thématiques qui concluent chaque partie théorique apportent une véritable plus-value. Ils racontent une anecdote issue d’un pays du bout monde (le moine zen et le parapluie, par exemple), un rituel (les bains du monde), un focus sur une technique particulière (le yoga du rire) ou encore l’explication d’un phénomène scientifique (comme la cohérence cardiaque). Cela permet d’apprendre de nouvelles choses et parfois de mieux comprendre le concept développé dans le chapitre.

Ce que nous avons moins aimé :

Une plongée parfois trop profonde dans la vie de l’auteur. Le recours à la vie personnelle de l’auteur permet à la fois d’incarner la théorie développée par l’art du kintsugi mais nous plonge dans des moments très (voire trop) intimes de sa vie. L’auteure assume ce recours à son parcours pour illustrer son propos, comme elle l’explique dans le dernier chapitre. « Un ami m’a fait remarquer que dans ‘développement personnel’, il y avait le mot  ‘personnel’… Alors, je me suis mise à nu et jetée à l’eau pour partager mes expériences, en me disant qu’elles rendraient peut-être mon discours plus compréhensible, mais, surtout, plus inspirant. » On parle certes de renaissance et de bien-être mais en passant par des exemples d’expériences difficiles, de défauts ou de souvenirs douloureux qui peuvent mettre mal à l’aise au cours de la lecture.

Une construction trop régulière ? La construction qui permet de bien savoir où l’on en est dans le processus de réparation peut paraître un peu répétitive : une citation, la description de l’étape de kintsugi, le détail de son application possible sur le chemin du développement personnel et une illustration par la vie de l’auteure. On a parfois l’impression que le schéma d’écriture peine à se renouveler.

Trois choses à retenir :

  • Le livre est une plongée dans un univers de patience et de beauté
  • Les exercices pratiques sont faciles à réaliser
  • Les exemples pris dans la vie de l’auteure paraissent parfois trop intrusifs

Retrouvez l’article sur Europe 1.fr





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